CARNET DE ROUTE : Conakry- Mamou, un véritable spectacle

Mamou, ville carrefour est située à 275 km de la capitale Conakry. Le mercredi 21 septembre dernier nous y avons fait un tour.

Il était 08h03 quand notre véhicule démarra au rythme des usagers de la route. L’axe Sonfonia Gare Cimenterie souffrant d’une chaussée rétrécie, fait partie des nids d’embouteillages à Conakry. La route restreinte créee d’énormes problèmes aux usagers. Il nous fallait beaucoup de patience pour nous en sortir. Et puis, quelques minutes ont suffit à notre conducteur pour atteindre le rond point de Kagbelen, situé dans la Préfecture de Dubréka. Des brouhahas mêlés aux klaxons de véhicules animent ce grand carrefour de Kagbelen. Après quelques instants, nous poursuivons notre route. Nous admirons au passage le mont Kakoulima avec une altitude de 1007m surplombant toutes les localités qui l’entourent. Très beau paysage. La descente de Manéah qui enregistre souvent des accidents a retenu notre souffle.

A 09 Heures nous sommes dans la préfecture de Coyah située à 50 KM de la capitale. En traversant cette ville rien n’attire l’attention du visiteur. Pas de changement notable depuis belle lurette. Des minutes passent, le voyage se poursuit. Le barrage KK connu pour sa rigueur nous accueille après avoir franchi un vieux pont situé à la sortie de Coyah. Une traversée, oh, combien de fois risquée sur ce pont qui, selon certaines indiscrétions, ne répond plus aux normes requises. En ce moment précis, c’était un silence de cimetière. A KK, on pouvait apercevoir des véhicules de tout genre stationnés pour le contrôle.

Les agents qui s’en occupent affichent des mines serrées pour ne pas dire sérieuses. La presse c’est aussi cette liberté d’expression, cette liberté de se mouvoir. Notre tour arrive, un gendarme se pointe devant notre voiture et demanda les pièces. C’est la presse. Ce fut la seule réponse de notre part. De nouveau, la traversée se poursuit. Le climat de la Guinée Maritime est un climat sub-guinéen chaud et humide avec une végétation composée de la mangrove et palétuviers.

10 heures, nous rentrons à Kindia, ville des agrumes. La famille d’un des nôtres réside dans cette localité. Il fallait donc faire escale pour les salutations d’usages. Le centre-ville de Kindia était noir de monde. Après tractations dans les embouteillages, nous avons réussi à franchir le cap du marché. Nous voilà dans la famille de notre confrère. Là aussi c’est toute une pluie de salutations qui est entamée. La générosité et l’hospitalité africaine obligent !

Peu après, nous empruntons la route. A une trentaine de kilomètres de Kindia, le massif du Fouta se dessine lentement à l’horizon. Avec une savane arborée et herbeuse, la moyenne Guinée se reconnaît à travers ses grands bowé qui sont autres que des sols cuirassés. Plusieurs cours d’eau prennent leurs sources dans cette région de la Guinée. Les ondes de la radio Sabari FM 97.3 innovent même dans les contreforts du massif foutanien. Le climat qui y règne est favorable à l’agriculture et à l’élevage.
A 12h47mn, nous voilà au cœur de la ville carrefour qui nous souhaite la bienvenue. La ville de Mamou appelée cosmopolite en raison des multiples groupes ethniques et traditions qui s’y côtoient. Les voiries urbaines en état de délabrement avancé surprennent tout voyageur. La floraison des taxis-moto donne l’impression d’une réponse à un rendez-vous de motards. Comme on le dit souvent, ça cris ça et là. Le spectacle à vivre absolument. Des sondages montrent que la ville de Mamou est l’une des plus riches du pays. Encore visibles, les séquelles des évènements du janvier-février 2007 et ceux du 28 septembre 2009. Tous les bâtiments administratifs démolis tardent à être rénovés.
Le stade régional de football n’est plus qu’un souvenir, tant il ne répond plus aux besoins des jeunes. Quid des lycées El hadj Doukouré et Amilcar Cabral ? Les images sont choquantes. Des écoles construites depuis plusieurs années n’ont jusque-là pas bénéficié de rénovation.

Bref aperçu de la ville aux montagnes.

Informés de notre arrivée, tous les honneurs nous étaient réservés. L’accueil fut chaleureux. Après les salutations d’usage, c’était au tour des dents de claqueter. La table à manger garnie de mets délicieux. Que de respects avons-nous fait objet en ce jour du 21 septembre, que de joie pendant ce repas copieux !

L’hospitalité était de même dans toutes les familles visitées. A la suite de cette récréation digestive, notre délégation se disloque. Les uns rejoignent leur lieu de repos, les autres s’installent. Grâce au courant électrique dont elle bénéficie, la population de la ville carrefour mène une vie de toubab qui n’a rien à voir avec les ténèbres de Conakry. L’après-midi fut délicieux. A la tombée de la nuit déjà les yeux s’alourdissent de sommeil. Rien à faire, le climat est favorable au repos. Le lendemain, une frange de la délégation se rend dans la sous-préfecture de Konkouré, située à 25 km de Mamou. La visite aux parents continue. L’hospitalité des sages ne se discute point. Agé d’une soixantaine d’année le notable de cette localité battit sur fond propre, nous accueille dans son vestibule avec tous les honneurs.

Nous avions passé la matinée à Konkouré. De retour à Mamou, les adieux commencent. Il fallait repartir dans l’après-midi pour Conakry. Remerciements suivis de bénédictions s’accumulent. Les cadeaux pleuvent, pendant ce temps les tout-petits s’accrochent à nos jambes. Histoire de nous retenir encore pour quelques jours. La séparation est quelque fois dure. Mais il fallait rentrer. Escale à la gare routière de Mamou pour acheter des condiments. C’est aussi cette diversité qui fait la différence entre la capitale et le pays profond.
12h51, notre chauffeur met la voiture en marche. Tout au long du chemin du retour, des arrêts pour des séquences photos dont première a eu lieu dans la sous-préfecture de Souguéta où se trouve un palmier à deux branches. Véritable don de la nature. Ici, nous avons pleinement profité du beau paysage. Le chemin du retour fut long.

Il était 18h passées de 30mn quand le brouhaha du carrefour Kagbelen nous tombe dans les oreilles. Le voyage était loin de terminer. Peu à peu nous nous engouffrons dans un embouteillage monstrueux. Véritable champ de bataille. En fin, ouf de soulagement quand notre conducteur éteint le véhicule déjà garé dans la cour d’où ce voyage pour Mamou est parti.

Aïssatou Thierno Barry
Envoyée spéciale

Commentaires

la route Conakry - Mamou, un calvaire

J'étais récemment en Guinée, et j'ai le plaisir de faire à plusieurs reprises le trajet Conakry - Mamou. Mais, de nids de poule, que de route dégradée, que de ponts en mauvais état.L'Etat doit tout faire pour engager des travaux de réhabilitation de cette route. Comment comprendre qu'on fasse 4 à 5 heures pour parcourir juste 275 km, c'est une aberration.

Par ailleurs, je suis triste de voir les routes de la voirie urbaine de Mamou dégradées à ce point. Autrefois, c'était la fierté de notre ville. Il faut engager des travaux à ce niveau également.